Le retour en Afrique, est-il possible?

Part1 : Histoire de Nathalie.

Instagram profile: Jolitropisme

Nathalie est une jeune maman de deux enfants. Avec son mari, ils ont décidé en septembre 2014 de quitter la Belgique pour retourner au Rwanda.

  • Sur un coup de tête ?
  • Non pas vraiment, répond-t-elle dans un live avec panafricanStories (Instagram profile).
  • J’ai eu un ralle-bol dans mon travail et socialement en général. Je voulais voir ce que mon mari et moi, nous pourrions devenir sans les personnes autour qui te conditionnent volontairement ou involontairement.

Fonder un restaurant ! Aujourd’hui, le restaurant Poivrenoir jouit d’une réputation confortable dans la capital de Kigali. Mais cela n’a pas toujours été le cas.

Après presque 6 ans au Rwanda, Nathalie revient sur cette aventure. Aventure parsemée de bonnes surprises, de difficultés, mais surtout de créativité et d’audace.

Première bouffée d’air frais, la senteur de la terre mouillée si particulière au Rwanda la submerge d’émotions. Un petit temps pour réaliser qu’ils avaient laissé derrière eux, tout ce qu’ils avaient. Voilà, Nathalie et son mari projeté dans leur nouvelle vie.

Première étape est de commencer à faire les démarches pour créer leur société car il n’y a pas de temps à perdre. Leurs économies ne dureront pas éternellement.

La création d’une société

Première bonne surprise, le Rwanda est un pays qui permet la création d’entreprise de manière simplifiée en ligne. De plus, en cas de doute sur la procédure à suivre, la RDB, organisme d’accompagnement pour les entrepreneurs et agences de tourisme aide les entrepreneurs à avoir la bonne information. L’idée est de faciliter administrativement la construction d’une entreprise.

« Si vous êtes un entrepreneur qui veut se lancer au Rwanda, le secteur de l’agriculture est favorisé, surtout en ce qui concerne les fermes bio. Le tourisme est en plein boom. Le secteur de l’informatique et développement de la technologie est aussi privilégiée », ajoute-t-elle.

Au menu du restaurant « poivrenoirkigali »

Les difficultés rencontrées

Au départ, il a fallu vivre dans le restaurant car ils ne pouvaient pas se payer un salaire à leurs débuts. En tant que chefs d’entreprise, il faut toujours privilégier son employé avant de penser à soi. Ils ont finalement pu déménager après 15 mois et au bout de 3 ans dans le business, ils ont pu se verser un salaire.

Difficultés à s’adapter

Au niveau de la gestion de leur restaurant, ils ont également dû apprendre sur le tas. Mais avec de la volonté, ils ont gagné de l’expérience par essai erreur. Nathalie raconte, comment son mari étudiait les recettes et elle et quelques amis testaient. Au départ, le menu était minimaliste, mais avec le temps, ils ont élaboré un menu plus varié.

Ils se sont également heurtés à au management de leurs employés. En effet, la manière de travailler en Afrique est différente. On peut, par exemple, exiger que le rythme de travail soit plus soutenu. En réalité, c’est à nous, personnes venues de l’étrangers, de nous adapter et appréhender les choses autrement, explique Nathalie.

Au final, même si la tâche n’est pas exécutée exactement comme nous on le voudrait, selon les codes des pays occidentaux dans lesquelles on vient, l’important est que votre affaire tourne.

Avoir des attentes surréalistes

Selon Nathalie, la plus grande difficulté est liée à cette tendance qu’on les personnes venues de l’étranger à penser que se sont elles qui doivent mener la cadence. Alors qu’au fond, l’important est de se faire accepter dans cette société qui n’est plus vraiment la leur. En effet, vivre en Europe pendant longtemps change énormément une personne. Finalement, on a plus les mêmes repères que les personnes vivant dans le pays d’origine. Il faut donc rester humble, observer et lire les expériences des personnes venues auparavant pour connaître la vraie réalité et ne pas avoir des attentes surréalistes. Il ne faut, par exemple, pas croire que ton affaire aura du succès dans l’immédiat.

De plus, il faut être conscient que, selon le secteur d’activité choisi, les difficultés sont différentes. Mais, il est toujours possible de demander conseil aux personnes qui sont sur place, prêtes à donner la bonne information, à l’instar de Nathalie.

L’investissement

Pour financer son business, le mieux est d’utiliser la love money, les tontines ou les crowdfunding platforms. En effet, les taux d’emprunts auprès des banques au Rwanda sont trop élevés, jusqu’à 18%. De plus, il est difficile, voire impossible si on n’a pas un capital conséquent ou des biens sur place, d’obtenir la confiance auprès des banques.

Cependant pour certains secteurs, comme l’agriculture, que le pays veut favoriser, des organismes, gouvernementaux et non gouvernementaux, peuvent financer votre projet.

Des concours d’entrepreneur sont également organisés dans lesquels les vainqueurs se voient proposés un accompagnement tant financier, qu’une expertise pour accomplir leur projet (exemple : concours d’entrepreneur MasterCard)

Le coût de la vie à Kigali

La capitale rwandaise est réputée pour être chère. Ce n’est pas totalement faux. Dans certains quartiers, comme Nyarutarama, le prix des loyers est très cher. Cependant, étant donné que toute la ville est sécurisée, il est toujours possible de trouver un logement moins cher selon le quartier.

De même pour la nourriture, il y en a pour toutes les bourses. Il est vrai que si on fait ses courses dans les supermarchés, les prix risquent d’être exorbitants surtout pour les produits importés. Mais, si on consomme localement, il est possible d’acheter, avec 30 euros, des courses pour toute une semaine.

Se soigner

Pour se soigner, le centre hospitalier universitaire de Kigali, hôpital king faisal sont les les hôpitaux connus du grand public.

Mais, les personnes venues de l’étranger préfèrent cliniques privés car elles ont une expertise spécialisée et pointue dans certains domaines: dentisterie, dermatologie. Et elles font aisément leur réputation par le bouche à oreille.

Pour les maladies plus graves, grâce à une assurance, il est toujours possible de se faire évacuer pour être soigner dans les pays proches du Rwanda et avec un meilleur système de santé, comme le Kenya.

La conclusion

Pour finir, les obstacles sont nombreux, mais elles ne sont pas insurmontables, car l’aventure est belle. Elle ne regrette en rien son choix. En tant qu’entrepreneurs, elle et son mari, ont su surpasser les limites grâce à une résilience sans faille, à une soif d’apprendre et de s’améliorer. Surtout, ils ont cru que c’était possible.

Elle ajoute, enfin, que le retour est possible même si vous ne cherchez pas à entreprendre, comme nous. Vous pouvez très bien vivre au pays en tant qu’expatrié, en travaillant dans le secteur de l’enseignement, de la télécom et de l’administration public.

Si vous aussi, vous envisagez un retour au Rwanda, comme Nathalie, ou ailleurs en Afrique, le chemin sera long et les difficultés ne manqueront pas. C’est votre résilience à vivre votre rêve africain qui fera la différence.

Alors osez.

Cet article est basé sur le témoignage de Nathalie

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